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Toujours plus vite pour passer avant l’accident !

« Toujours plus vite pour passer avant l’accident ! »
Devise croisée au hasard d’un taxi : le chauffeur l’avait affichée en guise de clin d’oeil.

Certains d’entre nous ont une petite voix intérieure qui dicte que la réussite se mesure à la vitesse d’exécution.

En situation de stress, de crise, d’urgence, ne sommes-nous jamais tentés par la fuite en avant, plutôt que de s’accorder le droit à une performance véritable: la nécessaire respiration pour observer, prendre le temps de la réflexion et décider au mieux.

Voulez-vous un mauvais conseil ? Allez toujours plus vite pour passer avant l’accident !

… et vous le rencontrerez !


A quoi sert un outil quand on ne sait pas s’en servir ?

Il existe 3 façons de mourir sous une avalanche :

  • Rares sont les chocs qui provoquent une mort immédiate.
  • Au bout de 15 MN, 92% DES PERSONNES sont ENCORE EN VIE (1) : seule une minorité est décédée par asphyxie.
  • Au-delà, l’espérance de vie chute rapidement, et après trente-cinq minutes il ne reste plus que 30 % de survivants, à cause de l’hypothermie.

En pareille circonstance, seul l’ARVA (appareil de recherche d’une victime d’avalanche) puis l’usage d’une sonde donnent une réelle chance de localiser et d’extraire une victime dans le délai critique des 15 premières minutes.
M. Johnson (2) ne l’ignorait peut-être pas lorsque, hors piste avec sa femme, il la vit disparaître sous une avalanche.

L’ARVA qu’il porte indique très rapidement la direction vers le point où son épouse est ensevelie, dans une pente particulièrement raide. En une poignée de secondes, Johnson est sur place. L’ARVA lui permet de préciser au mieux un périmètre : un cercle de trois mètres de diamètre à peine. Trois petits mètres qui indiquent avec certitude que son épouse est là, tout proche.

M. Johnson se jette sur sa sonde. Chaque seconde compte !
Il sonde et sonde encore. Rien.

Il devrait localiser le corps de son épouse : elle est là, sous ses pieds ou à portée de main. Quelques coups de pelle suffiraient à la faire ré-apparaître ! Quelques coups de pelle, mais où ? Il sonde à nouveau. Contre toute attente, chaque fois la tige de métal s’enfonce dans un néant de neige et plonge Johnson dans le désespoir.

Il se résout à aller chercher du secours dans la vallée et s’élance dans la pente.

Les secours déclenchés, un hélicoptère est dépêché sur les lieux de l’accident. Les sauveteurs localisent rapidement Mme Johnson et l’extraient de la neige. M. Johnson avait sondé verticalement. Il eut fallu sonder perpendiculairement à la surface du sol. Les conditions particulières : la pente particulièrement importante, avaient influencé le cheminement des ondes vers son ARVA. Il eut fallu tenir compte de ces circonstances exceptionnelles en usant de la sonde.

Mme Johnson était en vie alors que son mari sondait, Mme Johnson était toujours en vie lorsqu’il descendait fou de rage chercher du secours. Mais c’est avant que les secouristes ne soient sur place qu’elle est morte d’hypothermie.

Cette histoire n’est pas une fiction.
A monsieur, elle a coûté sa femme. A sa femme, elle a coûté la vie.

Certains penseront qu’ils n’ont pas eu de chance.
D’autres diront que la part laissée à la chance doit tendre vers zéro et qu’il y a eu une défaillance dans le processus de maîtrise des risques.

A quoi sert un outil, à quoi sert une procédure quand on ne sait pas s’en servir ?
A quoi servent-ils si l’on sait s’en servir lors d’exercices de routine, mais qu’on en devient incapable sous stress dans des conditions qui ne sont pas exactement celles des entraînements ?

(1) source ANENA – Association Nationale pour l’Etude la Neige et des Avalanches
(2) nom volontairement remplacé

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