Manager par le sens face à l’incertain – 2/4

[Retrouvez les propos de cet article dans la vidéo
de la conférence TEDx « Pourquoi Pour Quoi ?« ]


Olivier Soudieux et Himlung Himal Pendant l’ascension du Hmlung Himal, il s’est confirmé, jour après jour, parfois en respirant 3 fois par pas qu’il était possible de progresser, de monter, de prendre de l’altitude.

Personnellement, j’étais l’un de ceux au sommet.

Et j’ai réellement vécu là-bcas des moments extraordinaires ! …et pas seulement parce que l’un de nos sponsors était la Chartreuse.

Depuis le début des temps seulement 2 personnes avaient pu atteindre ce sommet. Dans notre expédition : chaque personne ayant voulu gravir le sommet a pu le faire. Au total, 9 personnes étaient sur la cime !

Une réussite exemplaire ! Une réussite incroyable, extraordinaire ! … mais à quel prix ?

En réalité, ce dont je me suis aperçu sur place, c’est qu’il n’y avait pas réellement un groupe, il y avait 10 individus. C’est un peu décevant.

Mais il y a pire, – je force un peu le trait, mais à peine- au retour, dans l’équipe une majorité de personnes ne voulaient plus jamais faire de montagne avec personne de notre « équipe ».

13 ans après, certains ne se sont toujours pas reparlé une seule fois !

Pourquoi ? Pourquoi un tel fiasco humain ? Qu’est-ce qui l’explique ?

En action sur l'arrête du Himlung Himal Avec le recul, il est clair qu’au sein des participants, il y avait des personnes venues pour un objectif de dépassement de soi.

Pour eux, le succès du projet se mesurait au fait que l’on ait tenté tout ce qu’il était possible de tenter pour atteindre le sommet (tant qu’on restait raisonnable en terme de sécurité). D’autres étaient partis avec une idée de se faire plaisir avant tout, dans cette nature extraordinaire, et que si l’on atteignait le sommet, alors c’était la cerise sur le gâteau.

Lors du premier assaut au sommet, nous étions sur une arrête à plus de 6 000 m , nous respirions trois fois par pas, et après peut-être 10 heures de marche, nous n’étions plus très loin du sommet, lorsque la météo est passée du grand beau temps, au grand mauvais temps : peut-être 50 cm de neige en 30 minutes !

Et dans de telles circonstances, si vous avez encordés ensemble un « dépassement de soi qui veut absolument aller au sommet et tout tenter, et juste derrière un «se faire plaisir avant tout», alors à ce moment précis, il y a des tensions, et pas que sur la corde !

Fondamentalement que s’est-il passé ?

Une expédition, c’est un environnement, chaud dans le désert, froid en montagne. Au delà de l’environnement, une expédition, ce sont des hommes. Qui ont tous un comportement à chaque instant. Qui ont leurs compétences. Qui ont des valeurs et des croyances -qui croient que certaines choses sont bien et d’autre mal, que certaines sont possibles et d’autre pas,…
Et c’est une identité. Ce qui fait que chacun d’entre nous est unique.

Et au-delà, tout ce qui précède est connecté au sens… … ou pas !


Pyramide écosytème en expédition Ce qui s’est passé avec l’expédition Himlung Himal, c’est qu’on a parfaitement préparé le projet au niveau de l’environnement (à quoi va-t-il ressembler ?), des comportements et donc des compétences qu’il allait falloir mettre en œuvre.
Et sur ces sujets, nous avons été absolument parfaits !

Mais…
Mais en fait, les personnes n’avaient pas les mêmes motivations.

On avait très bien préparé « comment » on allait faire cette ascension, mais pas assez « pourquoi ».

Ce qui faisait sens pour les uns et les autres était très différent. Conséquence: il n’y avait pas d’équipe. Et des conflits.

Les rôles et responsabilités étaient clairs, l’organisation était bonne. On avait le meilleur matériel.

La réussite –du projet– a été exceptionnelle. Mais à quel coût ? Humainement ?

Le manque de sens conduit à l'échec

Cette première expédition ne m’a pas seulement fait prendre de l’altitude, mais aussi de la hauteur !

Quel était le vrai challenge ?

Ce que j’ai compris, c’est qu’on s’était trompé de défi :

Le vrai challenge n’était pas de savoir ce qu’il y avait à faire (le quoi).

Le vrai challenge n’était pas de savoir comment faire l’ascension.

Le vrai, le seul véritable challenge, c’était de savoir pourquoi cette ascension, pour chacun d’entre nous, c’était de partager le sens.

J’ai appris / compris quelque chose d’essentiel : c’est le besoin absolu de sens.

Ce que j’ai compris, c’est que le manque de sens conduit à l’échec, malgré le succès apparent.

Il peut y avoir des réussites de surface, mais fondamentalement, dans une perspective réelle, à long terme, en profondeur, le manque de sens conduit à l’échec.




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